La Toscane a habitué les amateurs de vins à penser en rouge – Sangiovese, Chianti, Brunello, Super Tuscans — les meilleures histoires sur la région sont racontées au travers des tannins et anthocyanes et de l’évolution des arômes de fruits rouges dans le verre. Pomino casse cette habitude et propose une autre lecture de la Toscane : plus fraiche, plus tendue et plus aérienne, tant dans les vins rouges que dans les vins blancs. Pour Selvapiana, il ne s’agit pas d’un pas de côté, mais bien la même sensibilité à transcrire toute la finesse des cépages dans leurs vins comme c’est le cas avec Rufina.
Une petite appellation dotée d’une grande mémoire
Pomino ressemble à un trésor caché sur une carte Toscane. Niché aux pieds des Appennins, proche de la frontière entre la Toscane et l’Emilie Romagne, il suit un autre rythme, plus haut en altitude, plus frais encore que Chianti Rufina, moins connu que Chianti ou Brunello. Bien que de petite taille, il possède une véritable importance historique.
Pour Selvapiana, Pomino est entré dans l’histoire grâce à celle d’une amitié plus que par développement stratégique de la gamme. Le domaine cultive aujourd’hui 4 ha à Petrognano, un projet né de l’amitié entre Francesco Giuntini et la Comtesse Cecilia Galeotti Ottieri, propriétaire de la Villa Petrognano. Aujourd’hui seuls deux producteurs produisent des vins DOC Pomino : Frescobaldi sur la presque totalité de la surface de l’appellation et Selvapiana.
Si Rufina est la « langue » des vins rouges de Selvapiana, Pomino en est le « dialecte de montagne » : plus rare, plus frais et profondément ancré dans l’histoire
Une architecture tout en fraicheur
La fraicheur de Pomino ne vient pas du travail de cave. Elle démarre bien avant, en altitude sur des pentes balayées par les brises des Apennins. Bien que la DOC Pomino couvre environ 130 ha, la Villa Petrognano elle, a une surface précise et restreinte de 4,26 ha au total répartie avec 2 ha de Chardonnay (et quelques rangs de vigne de Sauvignon blanc) et 2,26 ha de Merlot, Cabernet Sauvignon, Pinot Noir et Sangiovese.
Situé à 400 mètres d’altitude, les maturités se font lentement, sculptuées par les nuits plus fraiches et l’influence de la montagne. Les sols secs et caillouteux de schiste apportent à la vigne à la fois des contraintes et précision. Ici, l’altitude n’est pas un simple détail pittoresque, mais un facteur déterminant pour la qualité : elle préserve l’acidité, prolonge la période de végétation et empêche les vins de devenir lourds.
Pas étonnant que déjà en 1716, Cosimo III de Medici délimitait cette zone, la considérant comme l’une des 4 meilleures régions pour produire de grands vins de Toscane.
Pomino Rosso est vinifié à partir de 60% de Sangiovese, 20% de Cabernet Sauvignon et 20% de Merlot. Dans cette appellation l’assemblage est de règle, c’est l’identité de la DOC et un 100% Sangiovese ne pourrait pas être produit ici. Le résultat donne un vin rouge dans lequel le Sangiovese apporte son énergie et l’influence Toscane, tandis que les Cabernet Sauvignon et Merlot apportent la structure et la profondeur.
Le Pomino Bianco, quant à lui est issu d’une majorité de Chardonnay et de 5% de Sauvignon Blanc, suivant la même logique de précision. Les vinifications sont faites en cuves inox pour maintenir cette pureté aromatique tout est laissant les vins sur lies fine durant l’hiver pour apporter une texture plus suave en bouche. Il n’y a pas de fermentation malolactique pour conserver l’acidité et la tension. Il en découle un vin blanc frais, précis et aromatique.
Le côté "blanc" de la Toscane
Le Pomino bianco est peut-être la porte d’entrée la plus inattendue dans l’univers de Selvapiana — et l’une des plus enrichissantes. La Toscane est rarement associée, à l’échelle internationale, aux vins blancs. Le Pomino remet en cause cette idée reçue. Ici, le Chardonnay et le Sauvignon Blanc ne se contentent pas d’imiter un modèle international ; ils transforment l’air frais, les sols caillouteux et l’influence de la montagne en fraîcheur et en précision.
Le premier millésime pour la fattoria Selvapiana est 2021, introduisant ainsi un vin blanc dans leur gamme. A Rufina, l’esprit de Selvapiana s’exprime au travers des vins rouges et du Sangiovese, à Pomino, une autre voix existe qui s’exprime dans les deux couleurs
Pour les marchés d’exportation, c’est un atout précieux : un vin blanc italien élaboré à partir de cépages connus, mais dont l’histoire est intimement liée à la Toscane. Il peut trouver sa place là où les acheteurs recherchent du Pinot Grigio ou du Vermentino, tout en offrant une plus grande richesse historique et un intérêt gastronomique accru.
Un pont Toscan aux accents internationaux
Pomino Rosso pourrait être malcompris. Sur le papier, ça semble familier : Sangiovese, Cabernet Sauvignon et Merlot. Mais attention, il ne s’agit pas d’une miniature de Super Toscan. Il y a une logique dans cet assemblage en place depuis des siècles et lié à l’histoire.
A la Villa Petrognano, le vignoble est cultivé selon les pratiques biologiques sur des sols secs et pierreux de schistes sous la fraicheur des brises qui soufflent depuis les Appennins.
Le Sangiovese est élevé en foudre pour preserver sa fraicheur tandis que les Cabernet Sauvignon et Merlot sont élevés en barrique de plusieurs vins, pour arrondir leurs tannins.
Pour les importateurs, le Pomino Rosso est bilingue : il a une identité Toscane au travers du Sangiovese avec une accessibilité plus internationale par les Cabernet et Merlot. Issue d’une petite production en terme de volume, cette DOC reste un argument pour des selections plus précises des cavistes spécialisés ou restaurants qui veulent sortir des sentiers battus. Un vin de transition, peut-être… mais qui s’appuie sur un véritable terroir.
Une reconnaissance qui va au-delà de l'image classique de la Toscane
Pomino n’est pas besoin de crier pour être entendu mais la reconnaissance aide à ouvrir des portes.
Pour une petite appellation historique, l’intérêt manifesté par la critique internationale donne aux acheteurs la confiance nécessaire pour s’intéresser à d’autres catégories que celles les plus connues de la Toscane. Les derniers millésimes de Villa Petrognano ont attiré l’attention de critiques tels que James Suckling et Wine Spectator — non pas pour être exposés dans une vitrine à trophées, mais comme un signe que la pertinence de Pomino dépasse le cadre de l’histoire locale.
Pourquoi Pomino est un choix malin de vin
Toute la valeur de Pomino réside précisément dans le fait que ce n’est pas le choix evident lorsqu’on pense “Toscane”. Chianti, Brunello, Bolgheri et les Super Tuscans constituent déjà une porte d’entrée très fréquentée vers la région. Pomino en ouvre une autre : plus petite, plus historique, moins attendue et donc idéale pour un portefeuille qui a besoin à la fois de se démarquer et d’être reconnu.
Pour Selvapiana, passionné de Sangiovese, cette cuvée permet une interprétation d’un autre terroir, après celle de Rufina, voici celle de Pomino.
Pomino Bianco propose aux importateurs un vin blanc toscan riche d’une longue histoire et composé de cépages reconnus à l’échelle internationale.
Pomino Rosso, avec le Sangiovese comme cépage principal et le Cabernet Sauvignon et le Merlot qui lui confèrent une touche familière, jette un pont entre l’identité toscane et les références internationales.
Ce qui fait de Pomino un vin particulièrement adapté à l’exportation, c’est cette combinaison : des cépages familiers, une origine rare, une légitimité historique et un style axé sur la fraîcheur, en phase avec les goûts actuels. Il a une histoire — Petrognano, l’amitié, les Apennins, l’héritage de 1716 — mais aussi une place concrète à table. Pomino n’est pas seulement un charmant chapitre secondaire de Selvapiana. C’est un choix commercialement judicieux.
Pomino complète le tableau
Pomino n’est pas le chapître le plus evident de l’histoire de Selvapiana.
Et c’est justement ça qui compte. Si Chianti Rufina donne au domaine une architecture de vins fins déclinés en “rouges” — Sangiovese, structure, long potential de garde avec toute la particularité de cette petite appellation Chianti Rufina (850 ha) — Pomino ouvre une autre fenêtre tout en conservant la même philosophie de production.
Le langage change mais l’idée reste la même : altitude, fraicheur, territoire et donc identité, bien délimité et surtout une très bonne lecture et interprétation du paysage et du lieu. Non seulement il ne fait pas concurrence à Rufina, mais il vient en fait compléter son offre.
Pour les importateurs, Pomino est suffisamment original pour se démarquer, suffisamment familier pour être compris, et suffisamment authentique pour instaurer une relation de confiance au fil du temps. Parfois, ce sont justement les vins les moins évidents qui rendent l’histoire dans son ensemble plus intéressante et plus claire.