Millésime 2018 Retour de vignoble … Fattoria Selvapiana : Chianti Rufina, Tuscany

Fattoria Selvapiana 
Chianti Rufina, Tuscany

Dans ce reportage vous trouverez:
  • 6ème génération Giuntini Antinori et l’appellation Rufina
  • Information sur le millésime 2018 bientôt en cave
  • Equipement nouveau au domaine
  • Notes de dégustation des millésimes actuellement disponibles

Photo 1 : le domaine au soleil couchant

Chianti Rufina
Fattoria Selvapiana
21 aout 2018

C’est un vrai soulagement d’arriver à Pontassieve et quitter la chaleur de Florence qui avoisine les 37°C. Ici, aux pieds des Apennins, les températures sont 5 à 7° moins élevées. Vous avez l’impression de ne plus être en Toscane mais dans un lieu secret bien protégé, alors que nous ne sommes qu’à 30 minutes de la ville !

Yumi, le Berger des Maremmes et gardien de Selvapiana m’accueille à l’entrée du domaine !
Silvia, la soeur de Federico me parle de cette race locale de chien et du travail de leur père, Francesco, qui a oeuvré pour maintenir cette race vivante. Il a été éleveur des Bergers de Maremme pendant plus de 30 ans et a participé à éviter l’extinction de la race.

« Local » est un mot plein de sens à Selvapiana, pas seulement pour le Berger des Maremmes !
En 1973, Francesco a décidé de pratiquer les plantations issues de sélections massales uniquement, la parcelle d’où sont issus les pieds de vigne sélectionnés est Bucerchiale, son exposition, les sols et sa pente en font une parcelle exemplaire pour le bon développement des sangiovese. Il a fait le choix dans les années 1970 – c’était très courageux et à contre courant à cette époque du boom des Super-Toscans – de promouvoir le Sangiovese et de vouloir produire des chianti issus de Sangiovese uniquement (avec parfois des cépages autochtones complémentaires et minoritaires).
Federico suit les traces de son père et soutient l’appellation Rufina, il est depuis 1 an et encore pour 2 ans, président du consorzio Chianti Rufina et n’est pas avare de mots ni d’énergie dès qu’il s’agit de faire connaître sa région.

Photo 1: Yumi – le gardien du domaine. Il aura un petit frère la semaine prochaine, cadeau que Federico a eu pour ses 50 ans dernièrement !

L’importance de Rufina

Lors des visites au domaine, l’usage est d’aller diner à la Trattoria voisine, Toscane da Sempre à Pontassieve ! Le propriétaire Stefano est un inconditionnel du mouvement Slow Food qui fait pousser son blé et son maïs pour faire ses pâtes, et cuisine le plus possible avec les ingrédients locaux de saison.

Federico est toujours très occupé. Ainsi, à l’occasion de ses 50 ans en mai dernier, il a commencé à introduire son fils, Nicolo, tout juste diplômé d’une école d’oenologie, à la production familiale. Nicolo représentera un jour la 6eme génération ! Cette année, il partira faire les vendanges en Oregon, puis ira en Australie afin de vivre des expériences ailleurs, avant de revenir au domaine pour travailler avec son père.

En tant que président du groupement de vignerons de l’appellation Chianti Rufina, Federico a le plaisir de promouvoir sa région. C’est la plus petite des appellations Chianti avec seulement 1000 ha (dont Frescobaldi qui en détient le tiers) et 20 producteurs. L’objectif pour ces vignerons est de ne plus faire partie de l’appellation Chianti et de retrouver le nom d’appellation d’origine « Rufina ». Federico était l’ambassadeur à Londres pour la dégustation prestigieuse de Decanter puis à New York pour une dégustation de vieux millésimes remontant à 1958 !
Tout ceci avec toute la générosité italienne typique !

     

Photo 1: Sangiovese sur la parcelle Bucerchiale
Photo 2 : Oliviers remplis d’olives cette année !

Millésime 2018: un mois de juin pluvieux verdissant la région !

Lors de notre visite dans le vignoble, je suis surprise par tout ce vert ! C’est très différent de l’année dernière, année beaucoup plus sèche et qui avait entrainé une perte de 30 à 40 % de la récolte et la perte quasi-totale de la production d’olive.
Cette fois-ci, la récolte s’annonce abondante et les oliviers promettent eux aussi, une belle production 2018.

Ces pluies ont permis un très bon développement végétatif, élément indispensable à la photosynthèse et donc la bonne maturité des raisins !
La vendange en vert qui était souvent pratiquée dans les années 90 pourrait re-devenir courante !
Les prélèvements de maturité sont prévus la semaine prochaine pour décider de la date de récolte qui démarrera par les Chardonnay.

     

Photo 1: Vignes touchées par l’ESCA
Photo 2: Grappes de Sangiovese

Début de véraison le 25 juillet

La région a été beaucoup plus fraiche et humide que l’année dernière, enregistrant 900 mm de pluie (à la différence du Sud de la Toscane qui n’a reçu que 300 mm de pluie).
Ceci a entrainé un développement de l’Esca.

Cette maladie du bois est due au développement de plusieurs champignons qui entrainent rapidement en quelques jours ou quelques heures le dessèchement du cep. On trouve des parties de cep nécrosées ou des ceps morts.
Les vignerons de la région se sont mobilisés pour essayer de freiner le développement de cette maladie en inoculant les parcelles de champignons concurrents de ceux responsables de l’Esca. Cette méthode ayant fait ses preuves sur des arbres fruitiers, des essais sont faits pour l’adapter à la vigne.
Une autre méthode consiste à cureter la souche malade pour enlever les parties mortes, y placer une pierre afin de laisser la plaie ouverte et faciliter l’assèchement.
L’Esca est responsable de la perte de 5% du vignoble tous les ans.

Malgré la fraicheur du millésime, il s’annonce précoce car la véraison a démarré le 25 juillet ! Federico se souvient encore quand les anciens parlaient des débuts de véraison autour du 10 aout !

     

Photo 1: Nouvel erafloir – dernière génération
Photo 2 : Renouvellement des foudres – ils sont plus jeunes qu’ils n’y paraissent, ils ont entre 5 et 15 ans.

A la cave …

La cave est prête pour la récolte 2018 qui pourrait être abondante. L’erafleur dernière génération acheté l’année dernière permet une très belle sélection des raisins.

Le domaine a la chance de garder un stock important de vieux millésimes et Federico est toujours heureux de partager avec ses visiteurs quelques vieilles bouteilles. Nos invités sont surpris de voir que leur date de naissance – 1973 – fait partie de la liste ! Le vin est toujours en place, robuste et rustique grâce aux conditions de stockage idéales de cette cave datant du moyen age !
Le millésime le plus ancien remonte à 1948 car le domaine était occupé durant la seconde guerre mondiale. Malheureusement, personne n’avait caché de bouteille dans les murs pour les protéger des troupes militaires et des pillages. Selon Federico, les familles donnaient plus d’importance à sauver les fromages et salamis des militaires.

Cette cave servait aussi autrefois au stockage des huiles d’olive en amphore qui sont toujours exposées dans la cave aujourd’hui comme témoin du passé – https://www.youtube.com/watch?v=iswdX-BAiRY
Ce qui m’amène à la question : est ce que les vins pourraient etre aussi élevés en amphore dans le futur ? » Ce à quoi Federico répond que ceci sera la décision de la 6eme génération !

Autre que le millésime 1973, nous emmenons le 1980 pour déjeuner. C’est un excellent témoin de la qualité de vinification du domaine, ce millésime très particulier car n’ayant pas fait la fermentation malolactique a gardé une fraicheur et un tonique incroyable pour …. 38 ans !
Federico aimerait refaire un millésime ainsi … sans fermentation malolactique, si les conditions se présentent de nouveau. Ce sont alors des millésimes adaptés à la très grande garde !

     

Photo 1: Visite de la cave des vieux millésimes
Photo 2: Découvertes des millésimes de leur année de naissance – OUI il y a toujours des vieux millésimes en vente

Current Vintages of Selvapiana

Notes de dégustation des millésimes actuels et ceux disponibles très prochainement 

Chianti Rufina 2016 – 90% Sangiovese & 10% Canaiolo/Colorino

  • Nez de cerise acidulée et de roses séchées. Une texture de bouche très douce, et des tannins soyeux, notes en bouche de feuille de tabac et de boite de cigare.
Bucerchiale 2013 – 100% Sangiovese
  • Un nez de thé fumé et un palais salin. Touches de cèdre, fraises et cerises séchées, une acidité pétillante. En bouche, toasts grillés et prunes noires.
  • 93 Robert Parker, 94 J. Suckling, 94 Wine Enthusiast
Bucerchiale 2015 – 10% Sangiovese 
  • Au nez, réglisse, anis, roses séchées. En bouche, tarte de groseilles juteuses et expresso. C’est un vin puissant parfait pour la Bistecca alla Florentina. (bientôt disponible)
Pomino 2013 – 60% Sangiovese, 20% Merlot, 20% Cabernet
  • Nez : cerise d’été, fraise fraîche et framboise. En bouche : thé infusé,  graphite, tabac sucré et prunes rouges. Sapide et velour.
  • 90 Wine Enthusiast
Pomino 2014 – 60% Sangiovese, 20% Merlot, 20% Cabernet
  • Nez floral, tabac, fumé. Bouche : fèves de Tonka, fruits rouge très mûrs, prunes, cassis et feuilles de thé séchées (bientôt disponible).
Fornace 2013 – 60% Merlot, 30% Cabernet Sauv, 10% Cabernet Franc
  • Toast et fumée de cigare au nez. En bouche : baie rouge et rose, très beaux tannins typiques des Merlot.
  • 93 pts – Bruce Sanderson

Un petit animal ayant échappé à la surveillance de Yumi

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Security Code: